Le moment de vérité est enfin arrivé ! Il en aura fallu des nuits blanches à toute l’équipe de Shiness pour boucler le prototype du jeu et maintenant le plus dur reste à faire : se soumettre au regard du publique. C’est de notre petit stand perdu au milieu des boutiques kawaï que nous avons présenté ce RPG plein d’avenir et vous allez voir que ce fût un moment plein de joie, de surprises et de rebondissements.

Voici le récit de ces quatre folles journées à la Japan Expo 2011.
JOUR 1 : la découverte

Arrivée tôt le matin avec Gaël nous commençons à installer le stand en attendant Hazem, Olivier et Samir avec le matériel informatique. Le budget ayant été englouti par la location du stand, la déco est faite de feuilles A4 imprimées et découpées par mes soins. Au grand soulagement de tout le monde (surtout du miens) on y voit que du feu.
Les gens commencent à venir doucement et on sympathise avec les intervenants des stands d’à côté. Les retours sont vraiment bons et les gens sont montrent intéressés et curieux. On nous pose beaucoup de questions sur le manga, l’univers et le gameplay. Alors que nous pensions être mal placés, nous nous sommes rendu compte que la position du stand dans un angle juste à côté de la cour centrale faisait que le publique restait plus longtemps. Il faut dire que, contrairement à beaucoup d’autre, nous avions beaucoup de place autour de nous.
Autre surprise qui fait plaisir, la moitié des gens pensaient que le projet était déjà commercialisé. Il faut avouer que le rendu de la démo était particulièrement réussi. A part quelques bugs de collisions que ce pauvre Gaël a passé la journée à régler discrètement sur le stand, le gameplay a vraiment plus. Les graphismes étaient vraiment bien mis en valeur dans le moteur avec de beaux effets volumétriques, et les animations s’enchainaient bien. Le tout était donc dynamique et facile à prendre en main.
Le plus surprenant, c’est que nous étions tous tellement absorbés par le fait de boucler la démo avant la date butoir que nous ne nous étions pas rendu compte que nous avions déjà un vrai jeu dans les mains.
Au moment du bilan de cette première journée, nous étions crevés mais heureux et satisfait. Tout présageait bon pour les trois jours à venir…
JOUR 2 : la galère
On dit bien qu’on peut tout prévoir sauf l’imprévu et cette matinée en est la preuve ! Ça a été LA matinée de la galère. J’ai bien cru qu’on ne s’en sortirait pas. Explications :
J’arrive tôt le matin vers les 7h30 et sur la route j’avais déjà reçu un coup de fil d’Hazem m’annonçant que lui et le reste de l’équipe (Samir et Olivier) vont être un peu en retard. Sur le coup, pas de panique : il n’y a jamais grand monde à l’ouverture surtout là où nous sommes. Je prends donc un petit café et j’attends tranquillement au stand.
Second coup de fil vers les 9h. Là ça devient plus grave : l’A86 est complètement bouchée. Je ne panique toujours pas et prend un autre café. Sauf qu’en revenant au stand, des cosplayeurs avaient déjà commencé à investir les lieux en ce demandant ce que c’était que ce stand bizarre où il n’y avait personne. J’avoue ne pas avoir eu le courage de revenir pour expliquer le pourquoi du comment et, à la place, je décide d’aller faire quelques photos dans le salon.
Au hasard de mes déambulations je fini par me retrouver en plein milieu de stands dédiés au grandeur nature. Sous mes yeux incrédules s’étendent armes en mousse, armures de cuir et, ô joie, un grand terrain où les exposants font des démonstrations d’escrime médiévale. Angoisse et ennui s’en furent instantanément alors que je faisais mentalement la liste de tous les objets que j’allais m’offrir, lorsque quelqu’un m’interpella. C’était Armand, un pote de World of Warcraft que je n’avais plus vu depuis des années !

Il venait exposer pour promouvoir son association de GN. On commence à discuter quand un autre copain de WoW, Thibault, nous retrouve aussi.
On cause, on cause, et ce n’est que deux heures plus tard que je me fais surprendre par un coup de fil d’Hazem qui est enfin arrivé. J’en avais presque oublié pourquoi j’étais là.
Là vous vous dites que la galère est finie, et bien NON ! Il aura encore fallu que je fasse trois fois la longueur du salon au pas de course avec mon diable sur l’épaule et au milieu d’une foule aussi compacte qu’un 14 juillet sur les Champs avant de trouver le bon parking. Tout ça pour au final revenir bredouille au stand et constater que mes chers collègues ont déjà presque tout installé…
Il est maintenant midi et on est tous crevés alors que finalement, la journée n’a pas encore commencé.

Pas grave, on est des warriors, un sandwich, un café et une clope plus tard, on est sur les rangs ! Samir a même assez de pêche pour prendre ses crayons et dessiner ses personnages. Brillante idée au passage, car le nombre de visiteurs à doublé dès cet instant.

Du coup, pendant qu’il faisait ses dédicaces, avec Olivier nous avions tout le temps de présenter et de faire tester le jeu.
Nous avons même eu une visite de Mecha qui, par la suite, a fait un bout d’article plus que bienvenu sur nous.
Le reste de la journée s’est, heureusement, très bien passée. Et les retours ont été tout aussi positifs que la veille. Un grand soulagement donc et une bonne résolution de prise : partir avant le levé du soleil.
JOUR 3 : fan de
Samedi. Le week-end est là et nous savons que la vraie affluence va commencer.

Samir a d’ailleurs eu la joie de rencontrer des fans de son manga à l’époque où il le publiait sur un site amateur. Une demoiselle nous a même fait l’honneur d’un tout premier fan art que nous nous sommes empressés d’afficher. Du coup Olivier et moi en avons profité pour se faire un petit concours en interne. A la fin de la journée nous avions 6 ou 7 dessins qui trônaient sous le poster officiel.
D’ailleurs les gens ont aussi commencé à venir par 6 ou 7 ! A ce stade on ne savait plus où donner de la tête mais c’était le paradis. Les gens feuilletaient l’art book pendant que d’autres prenaient la manette ou discutaient avec nous. A la fin, certains ont même commencé à faire notre boulot. C’était formidable de voir des personnes à qui l’on venait à peine d’expliquer le game play en faire la présentation à d’autres.

Le défilé à continué comme ça toute la journée et à la fin il y avait tellement de monde qu’on ne pouvait presque plus circuler et que notre stock de carte de visite était presque écoulé. Que du bonheur !
JOUR 4 : surprises
Seb nous a rejoint et, pendant que Samir dessine et qu’Hazem fait le tour du carré presse pour rameuter du monde, il nous aide à présenter.
La journée commence très bien. Toujours beaucoup de monde y compris des visiteurs de la veille nous amenant leurs amis.
Nous étions déjà extrêmement content et fier, mais ce qui nous attendait était au-delà de ce que l’on pouvait espérer. Alors que je discutais dans un coin, je vois Hazem, l’air un chouillat tendu, parler en japonnais à un monsieur portant un badge. Qui dit badge, dit presse ou entreprise, donc du très bon. Mais là où l’on a faillit hurler, c’est en apprenant que le monsieur en question était « juste » le vice président de CyberConnect2, les développeurs des adaptations en jeu vidéo de Naruto Shippuden !

On ne savait plus quoi dire, alors nous sommes resté bouche bée en osant à peine regarder ce qu’il se passait. Et ce, d’autant plus que nous ne comprenions pas ce qu’il se disait. Même en essayant je ne pourrais pas vous décrire la tête de Samir pendant qu’il dessinait. Rien qu’à l’idée du destinataire il en avait les mains en sueur. Il n’aurait pas été plus concentré si sa vie en dépendait. Au bout d’un long moment il est finalement reparti avec le sourire et Hazem nous a expliqué qu’il avait adoré notre projet et qu’il avait fait plein de retours positifs.

Explosion de joie sur le stand ! On se lance des regards incrédules avec de larges sourires béats épinglé sur nos joues. Le reste de la journée s’est passée sur un petit nuage. Autant vous dire que la nouvelle a fait le tour de mon carnet d’adresse.
En remballant le soir, nous étions tous tellement content que nous ne sentions plus la fatigue. Nous avions bossé comme des fous jusqu’à la dernière minute, nous n’avions presque pas dormi ni avant, ni pendant la Japan et nous avions donné le meilleurs de nous même. Les retours plus qu’encourageants du publique ont été la cerise sur le gâteau et cela prouve que lorsque l’on y croit, même avec peu de moyens, on peut arriver à faire de belles choses.
L’équipe Shiness a le vent en poupe ! L’aventure ne fait que commencer !
